Rotations : une technique horticole indispensable
Une façon d'éviter des dépenses excessives en engrais pour maintenir la fertilité du sol ou l'utilisation de traitements pour prévenir les parasites, est de concevoir dans notre potager un système de rotation des cultures.

Il s'agit d'une technique basée sur l'alternance de différentes cultures sur une même zone ou parcelle au fil du temps, de sorte que plusieurs années doivent s'écouler avant de planter une culture donnée pour la deuxième fois sur la même parcelle.
Critères de rotation des cultures
Au moment de décider quelle culture succède à la précédente, nous pouvons nous guider par plusieurs règles, mais comme dans la vie, les respecter toutes est assez compliqué. Selon l'expérience ou l'audace du jardinier, du moins au plus difficile, voici les critères à suivre :
Pour les initiés.
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- Ne pas répéter les cultures de la même espèce ou de la même famille.
La raison est facile à comprendre. Les cultures de la même espèce ou famille consommeront le même type de nutriments et ceux qui se trouvent à la même profondeur du sol, car leurs racines atteindront le même niveau du sol, étant de longueurs similaires. De plus, en répétant une culture à plusieurs reprises, nous favorisons l'installation de parasites spécifiques car nous leur offrons un paradis de nourriture et un refuge perpétuel.
Exemple : en hiver, après avoir occupé une parcelle pour planter des laitues, je ne pourrai pas replanter de laitues ou de scaroles, qui sont de la même famille, au printemps.
Regroupement des principales cultures par familles et exemple de rotation pour 4 parcelles :

Pour ceux qui ont déjà fait leurs premiers pas.
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- Ne pas répéter les cultures de la même espèce ou de la même famille.
- Alterner les cultures en fonction de leurs besoins en nutriments.
Si nous alternons des plantes exigeantes en nutriments avec des plantes moyennement exigeantes, qui à leur tour sont suivies par des plantes peu exigeantes, et que la rotation est complétée par des plantes améliorantes, il est possible qu'il y ait toujours une culture en cours sur la parcelle sans épuiser ses nutriments et sans avoir à fertiliser consciencieusement, et même avec l'aide des plantes améliorantes, nous pourrons récupérer une partie de sa fertilité avec des cultures capables d'incorporer des nutriments au sol et d'améliorer sa structure.
Regroupement des principales cultures selon leurs besoins en nutriments
- Plantes exigeantes : pommes de terre, courges, courgettes, tomates, poivrons, aubergines, melons, concombres, pastèques, choux, choux-fleurs ou maïs.
- Plantes moyennement exigeantes : blettes, laitues, scaroles, carottes, betteraves, radis, panais.
- Plantes peu exigeantes : ail, oignons, radis et pois, haricots, fèves, soja, lentilles ou lupins (bien que ces derniers soient également des plantes améliorantes car ils fixent l'azote atmosphérique et augmentent la disponibilité d'azote utilisable par les plantes).
- Plantes améliorantes : outre les légumineuses, il existe d'autres cultures utilisées comme engrais vert : trèfle, vesce, esparcette, phacélie, seigle, avoine,...
Pour les expérimentés
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- Ne pas répéter les cultures de la même espèce ou de la même famille.
- Alterner les cultures en fonction de leurs besoins en nutriments.
- Réaliser des cultures intercalées.
Il s'agit d'associer à la culture principale qui fait partie de notre plan de rotation d'autres cultures qui peuvent être bénéfiques ou qui permettent une meilleure utilisation de l'espace. Par exemple : les oignons et l'ail peuvent être plantés sur les bords latéraux des planches, car ils nécessitent peu de nutriments et d'irrigation, ou les laitues, ayant un cycle court, peuvent être plantées entre les cultures qui nécessitent plus de temps et d'espace.
Fréquence des rotations
Dans les régions froides avec des hivers rigoureux, les rotations sont annuelles, car pendant les mois les plus froids, le potager est en sommeil jusqu'à ce que des températures plus agréables reviennent au printemps.
Mais si nous avons de la chance et vivons dans une région chaude, il est possible d'avoir le potager toujours en culture. Dans ce cas, la fréquence à laquelle on alterne ou change de culture est déterminée par le cycle (le temps qui s'écoule entre le semis et la récolte) de chaque culture.
Un dernier conseil
Comme il peut être un peu compliqué de savoir quelle culture suit celle que nous avons plantée, ou de se souvenir des changements que nous avons effectués au fil du temps, être organisé jouera en notre faveur. Avoir une planification des cultures plantées à chaque saison et sur chaque planche ou parcelle, à la manière d'un agenda de jardinier, peut être d'une grande aide.