Entretien avec Toni, de La huertina de Toni
Si vous avez déjà cherché des tutoriels vidéo sur les jardins potagers ou tout ce qui s'y rapporte, vous êtes sûrement tombé sur Toni, de
La huertina de Toni, un horticulteur biologique respectueux de la nature et des êtres humains. Depuis son plus jeune âge, il est fasciné par les changements des plantes au fil des saisons, leurs phases de croissance... Petit à petit, il a appris, par la pratique des semis et l'observation, et depuis trois ans, il partage tout ce qu'il sait sur sa chaîne YouTube et sur son site personnel.
Qu'est-ce que l'agriculture vous a apporté sur le plan personnel ?
L'agriculture m'apporte beaucoup de choses. La première qui me vient à l'esprit est la patience: dans la nature et, concrètement dans le potager, tout a son temps, et je me rends compte qu'on apprend à être patient, à vivre le temps différemment, plus marqué par le climat et les saisons. En fait, j'essaie de transmettre cela dans les vidéos: tout a son temps et nous ne pouvons pas essayer de l'accélérer.
Nous savons que vous êtes un fervent défenseur de l'agriculture biologique. Expliquez-nous pourquoi il est si important pour vous de suivre ces critères écologiques dans le potager.
Lorsque j'ai commencé à cultiver et, surtout, à faire des vidéos pour YouTube, il était clair pour moi que l'une de mes missions était de protéger la terre qui nous nourrit: en prendre soin et la choyer comme s'il s'agissait de notre mère. La terre est malade, elle a donc besoin de nos soins.
D'autre part, cultiver de manière biologique et écologique est une question d'alimentation: tous les produits chimiques que vous mettez dans la culture, vous finissez par les manger, il est donc préférable d'essayer de cultiver de manière naturelle pour manger plus sainement. Cultiver avec des produits chimiques ne me semble ni attractif ni sensé.

Quelles techniques d'agriculture biologique mettez-vous en pratique ? Rotations, associations...
Je suis en recherche, développement et mise en œuvre constants de nouvelles techniques: j'observe beaucoup le comportement des plantes et de la faune dans mon potager et j'essaie de copier et d'imiter la nature autant que possible.
J'aime beaucoup le concept de forêt comestible, et c'est vers cela que je veux me diriger: imiter la forêt est la meilleure façon de renforcer et d'améliorer un sol. Malgré tout, je pratique l'association de cultures, surtout avec des plantes aromatiques. Les rotations selon la culture sont des choses que j'explique beaucoup sur le blog et je réitère l'importance de cela, tout comme un bon paillage, ou l'utilisation d'engrais organiques, de répulsifs et de fongicides maison, que nous pouvons fabriquer nous-mêmes.

Le soin du sol est fondamental pour obtenir de bons résultats, surtout en agriculture biologique. Expliquez-nous comment vous prenez soin de votre terre.
À ma terre, je ne lui donne que le meilleur. Il y a un dicton que j'ai toujours beaucoup aimé : "Si ta plante est malade, n'observe pas sa feuille : observe le sol qui la nourrit". La clé de tout est dans le sol. Avoir un sol vivant, en mouvement constant, avec des bactéries, des micro-organismes, des vers de terre, des restes organiques... tout fonctionne en harmonie et forme un ensemble qui transmet et nourrit la plante beaucoup mieux.
C'est un plaisir de prendre une poignée de terre et de sentir cette odeur de forêt humide, fraîche... VIVANTE ! J'apporte beaucoup d'engrais organiques, comme l'humus de vers, le compost, le fumier, le bocashi... et j'utilise aussi de bons paillages. Dernièrement, j'ajoute des morceaux de branches. Nous avons une multitude d'options intéressantes à apporter, mais toujours avec discernement et sans en faire trop.
Quelles cultures réussissez-vous le mieux et quelles sont les plus compliquées pour vous ?
Celles que je réussis le mieux ou que j'aime le plus, si l'on peut dire, sont les cultures d'automne : choux, choux de Bruxelles, épinards, fèves, pois... Ce sont mes cultures préférées. J'aime aussi, comme cultures d'été, les concombres, les poivrons et les courgettes. Mais je les aime moins : peut-être est-ce dû à la terre dans laquelle nous sommes [Asturies], une terre de cultures plus automnales ou qui ont besoin de moins de soleil, même si la vérité est que j'apprécie beaucoup plus leur culture que celle, par exemple, de la tomate.
La plus compliquée que j'aie eue jusqu'à présent est la pastèque : en Asturies, c'est une culture compliquée, mais bon, on continue d'essayer.
Quel conseil donneriez-vous à quelqu'un qui envisage, pour la première fois, d'avoir un potager à la maison ?
Eh bien, d'abord, beaucoup de patience et beaucoup de courage : si ça ne marche pas du premier coup, le mieux est d'observer, de voir pourquoi cette culture ne fonctionne pas et de réessayer. De plus, je recommande de regarder mes vidéos ou de lire mon blog, où vous trouverez des conseils simples et basiques pour les débutants dans ce monde.
